Où en est la digitalisation des entreprises ? Le Référentiel 2016, étude signée EBG, Boston Consulting Group et IBM, dresse un état des lieux de la transformation digitale à partir de 65 entretiens de décideurs français et internationaux. Relation client, data et nouveaux entrants sont les 3 batailles du digital en 2016.

Baseline du Référentiel 2015 : la transformation digitale ne fait que commencer. Un an plus tard, tout a changé avec une prise de conscience des mutations en cours, une implication des directions générales et la démultiplication des chief digital officers et chief transformation officers en entreprises. Explications d’Antoine Gourevitch, Senior Partner and Managing Director, Boston Consulting Group, lors de l’Assemblée Générale de l’EBG le 21 juin 2016 à Paris.

« En 2015, la transformation digitale était à l’ordre du jour de toutes les entreprises. Elles ont commencé un audit de maturité digitale pour voir où elles se situent par rapport à leurs pairs et aux grands du web. La deuxième étape franchie a été de cristalliser la stratégie digitale. Beaucoup de pilotes ont été lancés. Aujourd’hui on est dans la phase d’accélération. »

Cette année, les pions ont avancé, et la transformation digitale ne peut plus se limiter à une digitalisation en surface des activités. Les entreprises traditionnelles sont encore loin des pureplayers et des attentes clients. « Ce sont toujours les pureplayers qui fixent les standards digitaux. Pour se battre, il faut se comporter comme eux. » Le défi des entreprises en 2016 ? Atteindre les nouveaux standards des pureplayers et satisfaire les clients sur le digital en termes d’ergonomie, de facilité d’usage, de diversité des services et de réactivité. Comment ? Par l’innovation.

Les grands groupes veulent faire de la disruption. Et là, ils ont un avantage concurrentiel énorme : des actifs, des plateformes et des idées. Il ne leur manque que l’agilité. À l’inverse, les startups ont les idées et l’agilité, mais pas les actifs et les plateformes.

« Un fond d’investissement réussit à faire sortir une startup sur 10. Quand vous êtes un grand groupe, que vous avez des actifs et que vous vous mettez en mode startup, vous avez 1 chance sur 3 de réussir. Faire de la disruption en dehors de la boîte pour éviter que les anticorps corporate détruisent l’innovation, c’est quelque chose qu’on commence à voir : 65% des entreprises ont créé un incubateur. »

Autre observation : travailler sur le parcours client est impératif. « Dans la banque, 40% des clients sont prêts à changer de banque si le services digitaux ne sont pas au rendez-vous. Dans l’assurance, on peut gagner 40 à 50% de productivité sur le back office en automatisant, en mettant un peu d’intelligence artificielle, des robots, des bots. Il faut transformer le coeur de système, donc les plateformes et l’informatique. »

Pour se transformer, il faut repenser l’innovation, le parcours clients, les plateformes, mais aussi la façon de faire des hommes et des femmes en entreprises. Le digital devient une fonction clé de l’entreprise, et la collaboration un levier de compétitivité. Aujourd’hui, 65% des entreprises ont des CDO, mais il faut être capable d’embaucher largement. « Pour qu’une entreprise typique du CAC40 se transforme, elle aura besoin de 1000 champions digitaux dans toutes les fonctions. Elle devra également recruter entre 100 et 300 personnes de profils différents : des data-scientists, des spécialistes InDesign, des solution architects, des développeurs. »

Pour passer à l’échelle, Antoine Gourevitch suggère donc de :

#1. Créer la data-driven company, mettre la data en premier et être capable de l’utiliser.

#2. Transformer l’IT « parce que le patrimoine applicatif n’est pas capable de faire du digital. Il va falloir urbaniser et automatiser les systèmes et passer en mode agile ».

#3. Privilégier les collaborations pour briser les silos.

La digitalisation est un défi, mais aussi une chance à saisir. Les contours de l’entreprise se redessinent : plus agile, plus horizontale et plus collaborative, elle met la data au centre de son fonctionnement. Bienvenue à la data-driven company !


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