Euro 2016 ou pas, le Paris Saint-Germain (PSG) avance sur le terrain de la vidéo online. Mais, quels formats privilégier ? Comment développer sa communauté et générer de l’engagement ? Rencontre avec Anthony Baca, responsable médias du PSG, pour parler stratégie de contenu et opportunités de développement. De vidéos inside en contenus engageants, la chaîne du PSG sur YouTube monte en première ligne.

La vidéo, un choix tactique

TV, presse et web : les footeux ne manquent pas de supports médias pour suivre l’actu sportive. Sans se couper des news classiques comme les communiqués de presse et les interviews, le PSG bascule progressivement vers l’entertainment avec du contenu de plus en plus ludique et engageant. « Aujourd’hui, nos fans ont accès à une multitude d’infos sur le PSG via les médias traditionnels. On essaie de se démarquer grâce à un accès privilégié aux joueurs et un contenu le plus divertissant possible. »

Sur le terrain de l’entertainment, la vidéo est un allié. Elle fait entrer dans l’action et déclenche des émotions. « La vidéo est au coeur de notre stratégie de contenu ». Et parce qu’il y a une consommation accrue de la vidéo, « nous avons multiplié par 2 notre production de contenus vidéos en un an et adopté des formats plus courts. »

YouTube, au plus près des joueurs

En 2011, le PSG lance sa chaîne YouTube. Il reproduit d’abord les vidéos diffusées sur PSG TV, puis crée un contenu de plus en plus spécifique. « On adapte nos contenus en fonction des plateformes. C’est certain qu’un utilisateur de YouTube cherche autre chose qu’une conférence de presse. Il aime voir les joueurs de manière insolite dans des vidéos inside, décalées et drôles. »

D’ailleurs, « cela fait partie de la mission d’un média de club de montrer ses joueurs au quotidien et pas comme on les voit à la TV. L’ambiance est bonne, et c’est l’image qu’on souhaite véhiculer à travers nos vidéos. »

Chaque semaine, l’équipe médias du PSG établit un planning édito et diffuse ses rendez-vous récurrents selon un planning de diffusion précis. « Le calendrier des matchs est un moyen de cadencer nos publications, mais on essaie de s’en détacher au maximum et de publier des vidéos régulièrement. »

Au classement des formats récurrents qui fonctionnent le mieux sur la plateforme : le No Comment, un best-of de la semaine publié tous les vendredis.

Autre succès de la chaîne : les vidéos de gestes techniques. « On y voit les joueurs qui s’amusent à l'entraînement, réaliser des petits ponts, des dribbles, et ça fonctionne bien. »

Mais, rien ne vaut un joueur de classe mondiale pour attirer les regards ! « On a la chance d’avoir des joueurs stars dans notre effectif. Zlatan, Di Maria, David Luiz sont des joueurs avec une communauté très puissante. Les retours sont tout de suite positifs. »

Joueurs et supporters : une équipe engagée

Sur le terrain, les joueurs s’engagent pour la victoire. Sur YouTube, les internautes viennent, interagissent et s’engagent pour le plaisir. « Sur notre chaîne, on a le meilleur taux d’engagement de l’ensemble de nos plateformes. Nous avons près de 350 000 abonnés, et notre vidéo la plus vue a enregistré 6 millions de vues. »

Au cours des 3 derniers mois, la chaîne du PSG a acquis 50 000 nouveaux abonnés. Joli score, mais comment développer sa communauté au-delà du cercle des footeux ? Action prometteuse, le PSG fait appel à des YouTubeurs connus comme Sean Garnier ou e-penser. « On s’associe de plus en plus à des YouTubeurs célèbres pour toucher un public plus large que les supporters du club. »

Quid des innovations pour une expérience toujours plus immersive ? Le PSG est l’un des premiers clubs à avoir adopté la 360°. « On essaie vraiment d’être précurseurs et, quand la 360° a fait son apparition, il était inconcevable de ne pas y aller. Aujourd’hui, on doit avoir 5 ou 6 vidéos en 360°. Les gens sont bluffés : on le voit dans leurs commentaires. »

Le PSG joue à l’international

YouTube, c’est 31 millions de visiteurs uniques par mois en France et un milliard d’utilisateurs dans le monde, en hausse de 40% entre 2014 et 20151. Une vidéo peut rapidement devenir virale et bénéficier d’une exposition internationale. Le PSG vient d’en faire l’expérience : sa dernière vidéo sur Zlatan a été vue près d’un million de fois, et environ ⅔ des vues proviennent de la Suède.

« Aujourd’hui, YouTube est un accélérateur de développement à l’international pour le club. On souhaite multiplier les contenus en différentes langues (en anglais, en espagnol et peut-être en portugais) pour toucher une large communauté internationale. »

En 2014, la chaîne du PSG recensait plus d’utilisateurs en France. Inversion de tendance : ils sont désormais plus nombreux à regarder la chaîne depuis l’étranger. « Ce sont des signaux très forts. On souhaite accentuer cette tendance pour vraiment développer notre marque à l’international. »

Un teaser pour finir ? Followers, le ballon rond du PSG s’envole vers les États-Unis pour le stage annuel de préparation du club. Sur le terrain et sur YouTube, ça va shooter !


Source : 1. Médiamétrie, janvier 2015

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